ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
cardiologie, parmi lesquels 273 pour hypertension
Tableau IV : Répartition selon le niveau de
artérielle. La prévalence de l’HTA était 40,4%.
Age et sexe : des 273 patients hypertendus reçus en
consultation externe, 141 répondant aux critères
d’inclusion ont été retenus. Les patients se
répartissaient en 75 hommes (53,2%) et 66 femmes
(46,8%), soit un sex-ratio de 1,1. L’âge moyen des
patients était de 55,4 ±13,1 ans (extrêmes : 29 et 100
ans). Les patients d’au moins 50 ans étaient les plus
représentés (tableau II).
retentissement cardiovasculaire
Niveau de retentissement
Effectif Pourcentage
cardiovasculaire
Très élevé
Faible
61
36
43,3
25,5
19,1
12,1
100
Modéré
Élevé
27
17
Total
141
Tableau II : Répartition des patients par tranches
DISCUSSION
d’âge
Cette étude faite dans un milieu hospitalier a connu
un biais de sélection, car le recrutement des patients
ne s’était fait qu’à la consultation de cardiologie de
l’Hôpital. Par ailleurs, la taille réduite de la
population liée à la barrière financière pour réaliser
tous les bilans paracliniques a limité la portée de
l’étude. Toutefois, elle a permis d’analyser le profil
du risque cardiovasculaire (RCV) global chez les
patients répondant aux critères d’inclusion. La
fréquence de l’HTA était de 40,4% dans cette étude.
Bouramoué et al [15] ont antérieurement noté une
fréquence de 45%, ce qui dénote de la place
importante qu’occupe l’HTA parmi les maladies
cardiovasculaires au CHU de Brazzaville. Notre
résultat est proche de celui de Kannel et al à Saint-
Louis [20] qui est de 46% et est inférieur à ceux
d’autres auteurs qui ont trouvé 49,3% et 55,5%
[21,22]. Le biais de recrutement notifié plus haut
pourrait en être une explication. Cependant, ces
données hospitalières sont le reflet des estimations
faites au niveau de la population générale, évaluant
le nombre d’hypertendus à près de 150 millions en
2025 [3]. Plusieurs auteurs [22-25] ont rapporté une
prédominance féminine de l’HTA. Certaines études
ont comporté un peu plus d’hommes, 53,2% pour
notre étude, 55,2% antérieurement à Brazzaville
pour Ikama et al [25], 64,7% en Malaisie [27]. Dans
notre étude il y avait une prédominance masculine
qui serait liée au biais de sélection qui avait éliminé
les femmes enceintes. L’âge moyen de nos patients
était de 55,4 ± 13,1 ans, les extrêmes étant de 29 et
100 ans. A Cotonou, au Bénin [23] et à Thiès, au
Sénégal [21], l’âge moyen était nettement supérieur
à nos données : 60,5 ± 10,8 ans et 63,7 ± 12,2 ans
respectivement. Nous avons observé que la
prévalence de l’HTA était à 11,3% avant 40 ans et
33,3% chez les personnes de plus 60 ans, ce qui
témoigne que la prévalence de l’HTA augmente avec
l’âge. Ce constat est fait par plusieurs auteurs [16,21-
24,27,29]. Par contre, dans la série de Gombet et al,
l’âge moyen de 539 patients hypertendus est de 48
ans [29]. Pour cela, des mesures préventives sont
nécessaires pour lutter contre ce fléau chez tout
adulte. Une grande proportion de nos patients était
de niveau socioéconomique moyen (56,7%) ou bas
(36,9%). Ainsi, nous sommes en accord avec de
nombreux auteurs qui affirment que dans les pays en
développement, l’HTA prédomine dans la couche
Tranches
d’âge
30-39
40-49
50-59
≥ 60
Effectif Pourcentage
16
31
11,4
22
47
47
33,3
33,3
100
141
Total
Facteurs de risque (FDR) cardiovasculaire : La
sédentarité était notée chez 84,4% des patients. La
dyslipidémie observée dans 69,5% des cas se
répartissait comme suit : hypercholestérolémie (76
cas, soit 53,9%), hypertriglycéridémie (64 cas, soit
45,4%), hypoHDLémie
(31
cas, soit 22%),
hyperLDLémie (15 cas, soit 10,6%) ; l’obésité était :
staturopondérale (78 cas ; soit 55,3%), abdominale
(64 cas, soit 45,4%). Le nombre moyen de FDR était
de 3 ± 1,1 (extrêmes 1 et 6). Le syndrome
métabolique était retrouvé chez 67 patients (47,5%).
Atteinte d’organes cibles : une Insuffisance
cardiaque a été notée chez 46 patients (32,6%). Onze
patients ont présenté une complication neurologique
dont 9 cas d’accident vasculaire cérébral (AVC), soit
6,4% et 2 cas d’accident ischémie transitoire (AIT),
soit 1,4%. Deux patients ont présenté une
artériopathie oblitérante des membres inférieurs. Le
retentissement le plus fréquent était la cardiopathie
hypertensive (tableau III).
Tableau III : Répartition des patients selon les
retentissements de l’HTA
Complications de l’HTA
Cardiopathie hypertensive
Insuffisance cardiaque
Effectif Pourcentage
86
46
30
9
61
32
Insuffisance rénale chronique (IRC ?)
Accident vasculaire cérébral
21,3
6,4
Maladies coronaires
9
6,4
Le niveau du risque cardiovasculaire (RCV) global
des patients évalués selon le score de l’OMS est
présenté dans le tableau IV.
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 50